"Depuis l'âge de 15 ans, je réalise des actions solidaires. Mais j'ai découvert réellement l'année dernière, combien était riche la relation avec l'autre, en allant servir des repas aux SDF, avec la Conférence jeune de Paris.
Révéler l'autre à lui-même
Tous les mercredis matins, je me rendais chez les Missionnaires de la Charité, pour préparer et servir 350 repas avec les Soeurs et quelques bénévoles. Après un temps de prière, nous nous mettions à la cuisine et à la distribution des repas. Les personnes accueillies sont pour la plupart des habitués. Le rythme est très dense, et n'est donc pas propice aux longues conversations. Cependant, leurs yeux sont demandeurs d'un vrai regard chaleureux et pudique. Et j'y suis très sensible. Libre à eux d'entamer le dialogue. Ma présence de jeune étudiante à qui la vie sourit pourrait friser l'insolence face à leur situation. Ils sont assis, je suis debout. Comment puis-je révéler l'autre à lui-même, le valoriser avec justesse ? L'écoute active est la meilleure réponse à cette question. Être là sans s'imposer, respecter leur pudeur.
Humanité et spiritualité
Cette année de service au sein de la Conférence m'a appris combien "l'Église est experte en humanité", comme le disait si bien Jean-Paul II. À travers le temps de prière commune, l'Évangile révèle à chacun sa dignité. Être démuni n'est qu'un moment de précarité et non une identité. Ils sont les petits, les préférés de Dieu, comme le dit l'Évangile des Béatitudes.
La Société de Saint-Vincent-de-Paul offre sa chance au jeune en manque d'expérience de faire avec ec qu'il est, quelles que soient ses compétences. J'ai ainsi pu me former sur le terrain, ce qui me permet aujourd'hui de partir en humanitaire, confiante. Désormais, je vis les choses avec beaucoup plus de justesse. J'ai réalisé que le combat n'est pas constructif, mais dès que l'on agit avec l'autre tout peut changer. Cette année ma grandit et appaisée." |